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la Chambre de commerce du Montréal métropolitain

Tourisme – Des obstacles possibles à surmonter ensemble selon la ministre Mélanie Joly

CCMM - Blogue Mélanie Joly

2017 a été une année record en matière de tourisme à Montréal, avec pas moins de 11 millions de visiteurs. L’année 2018 s’annonce encore mieux. Malgré tout, les données rendues publiques récemment démontrent que le Canada accuse un certain retard et pourrait faire meilleure figure dans ce secteur.

En effet, le Conseil consultatif en matière de croissance économique du ministre des Finances du Canada a identifié le tourisme comme étant l’un des huit secteurs au fort potentiel de croissance économique et de création d’emplois. Déjà, cette industrie représente une part non négligeable de la main-d’œuvre, avec un emploi sur dix au Canada. C’est plus que dans les secteurs pétrolier, gazier, minier, agricole et aérospatial combinés.

La ministre du Tourisme, des Langues officielles et de la Francophonie du Canada, Mélanie Joly, a profité de son passage à la tribune de la Chambre le 11 décembre 2018 pour présenter sa vision pour stimuler davantage le secteur. Son allocution a été suivie d’une discussion entre M. Raymond Bachand, Mme Liza Frulla et Mme Claudine Roy concernant les leviers disponibles pour renforcer la vitalité du tourisme canadien.

« Le tourisme va bien, il va même très bien. » C’est sur cette note que la ministre du Tourisme, des Langues officielles et de la Francophonie, l’honorable Mélanie Joly, a commencé son allocution à la tribune de la Chambre de commerce de Montréal métropolitain le 11 décembre dernier.

Sur la scène mondiale, le secteur touristique croît au rythme effréné de 4 % par année, devançant même la croissance du PIB. Au Canada, cela représente des recettes annuelles de près de 98 milliards de dollars, soit 2 % de notre PIB. C’est beaucoup d’argent, souligne la ministre. De l’argent qui permet de créer de bons emplois pour nos familles et plus particulièrement pour les jeunes.

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Malgré sa bonne performance, le Canada demeure tout de même à la traîne sur la scène internationale. Comment le pays peut-il donc devenir plus compétitif et aller chercher sa juste part du marché?

Déjà des pistes de solution

Le récent rapport Exploiter le potentiel de l’économie touristique canadienne aborde la question et propose quelques pistes de solution qui ont alimenté la discussion des trois experts membres du Comité-conseil sur l’emploi et l’économie du tourismeégalement présents lors de l’événement.

Selon la ministre, les barrières au développement du secteur touristique canadien sont dorénavant mieux connues. Le constat est unanime : le tourisme doit devenir une priorité nationale.

Raymond Bachand, conseiller stratégique chez Norton Rose Fulbright Canada et ex-ministre des Finances du Québec, constate qu’actuellement le défi numéro un est lié à la gestion marginale et fragmentée de l’industrie, dont la responsabilité est partagée entre plusieurs ministères.

La ministre Joly promet de s’attaquer à la problématique par la mise en place d’une stratégie positionnant le tourisme en tant qu’industrie nationale majeure d’ici l’été 2019. Le Comité-conseil aura l’occasion de faire part de ses recommandations, mais l’ensemble du milieu sera également consulté prochainement.

Ne pas se laisser refroidir par l’hiver

Le Canada est un pays nordique. Pourtant, c’est l’hiver que le nombre de touristes est le plus bas. Cette situation est grandement préoccupante. M. Bachand insiste sur le fait qu’il faut se donner les moyens d’exploiter le potentiel de la saison froide en offrant au reste du monde une expérience hivernale canadienne complète.

Pour sa part, Claudine Roy, propriétaire de l’Auberge sous les arbres et présidente-directrice générale de Gestion immobilière Gaspé, souligne la nécessité de renforcer la complémentarité entre l’expérience touristique de la ville et celles des régions. Elle donne d’ailleurs l’exemple de l’initiative dont elle est la fondatrice, la Grande Traversée de la Gaspésie, qui offre aux voyageurs une semaine d’activités hivernales en nature. Elle conseille d’abord aux touristes de passer quelques jours dans la métropole pour profiter du festival MONTRÉAL EN LUMIÈRE avant de prendre la route vers la Gaspésie. Puis, elle les encourage à faire un arrêt à Québec sur le chemin du retour.

Une saison touristique étendue signifie par conséquent une augmentation des retombées économiques ainsi qu’une création d’emplois à l’année, plutôt que des emplois saisonniers habituellement générés par l’industrie.

Prendre le secteur au sérieux

Deux facteurs non négligeables rendent les travailleurs hésitants à s’engager sur la voie du tourisme. D’une part, il y a une méconnaissance des occasions offertes dans le secteur. De l’autre, ce type d’emploi est malheureusement souvent associé à une faible valorisation.

Liza Frulla, directrice générale de l’Institut de tourisme et d’hôtellerie du Québec et présidente de Culture Montréal, estime toutefois que c’est tout le contraire. « La valorisation est la clé. Service ne veut pas dire servile! Service veut dire savoir-faire et savoir-être », ajoute-t-elle.

Toujours selon elle, nous sommes choyés par la qualité de la formation offerte au pays. En raison du bassin de main-d’œuvre disponible entre autres grâce à l’immigration, l’industrie du tourisme canadien est en bonne position pour rehausser son classement parmi les destinations prisées dans le monde.

Un appel à faire front commun

Finalement, la ministre Joly a profité de la tribune de la Chambre pour inviter le milieu des affaires à s’impliquer activement, suggérant même la création d’une grappe industrielle pour stimuler l’innovation et la collaboration dans le domaine. En effet, le secteur privé possède lui aussi des leviers pour favoriser la croissance du tourisme au pays, notamment en matière de transport et d’hébergement.

« Soyons clairs : snober l’industrie du tourisme, c’est laisser sur la table jusqu’à 25 milliards par année en retombées économiques et jusqu’à 180 000 emplois. On ne peut pas se le permettre [...] alors c’est le temps de retrousser nos manches et de nous mettre au boulot », a-t-elle conclu.  

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