la Chambre de commerce du Montréal métropolitain

Paris FinTech Forum : plongée dans un marché couru

En janvier dernier, à l’occasion du Paris FinTech Forum 2018, une délégation d’une vingtaine d’entreprises montréalaises liées au secteur des fintech s’est envolée pour la capitale française dans le cadre d’une mission commerciale pilotée par notre équipe d’experts Acclr en commerce international, en collaboration avec la grappe Finance Montréal. Bilan de cette mission avec deux PME, Exagens et Squares Union, et une organisation, l’Autorité des marchés financiers (AMF).

Les fintech, un marché en pleine croissance

La grappe définit les fintech comme un secteur de l’industrie financière qui utilise les nouvelles technologies et l’intelligence artificielle pour améliorer la prestation de services financiers. Derrière ce qualificatif, ce sont des entreprises en démarrage et d’autres, plus matures, qui développent ces solutions.

Un marché qui a le vent en poupe

  • C’est un secteur dynamique et en pleine expansion : le financement des fintech a été estimé à plus de 26,4 G$ CA dans le monde en 2015, soit une croissance de 66 % par rapport à 2014.
  • Selon l’Autorité des marchés financiers, les investissements dans ce domaine ont triplé au Canada, entre 2014 et 2015, passant de 225 millions de dollars à 695 millions[1]; et doublé au Québec, avec une évolution de 46 millions en 2014 à 106 millions en 2015[1].

Un besoin d’affaires, une mission inédite

« C’est une première collaboration à l’international avec Finance Montréal qui a permis de renforcer le positionnement de Montréal comme hub des fintech et, pour les entreprises participantes, de trouver des occasions de réseautage et d’affaires très intéressantes » – Erandi Motte Cortés, directrice, Développement des marchés et de l’entrepreneuriat à la Chambre de commerce du Montréal métropolitain

Cette mission est née du besoin des entreprises d’appréhender le marché européen et de l’ambition de la grappe, Finance Montréal, de faire rayonner les fintech québécoises. Car, pour l’organisation, la métropole a le potentiel de devenir une capitale de la fintech au Canada et dans le monde grâce à son écosystème financier en croissance, à la présence d’universités offrant un bassin de travailleurs hautement qualifiés en finance et en technologie et à l’implantation d’incubateurs, d’accélérateurs et d’autres programmes offerts à Montréal pour maximiser les investissements et développer l’écosystème.

Le Paris FinTech Forum 2018 s’est avéré être un événement de choix pour la richesse de ses panels (plus de 150 dirigeants du secteur se sont déplacés des quatre coins du monde afin de partager leurs expertises); pour ses activités favorisant les échanges avec des acteurs clés du domaine; et pour le tremplin qu’il représentait vers le marché européen – ce dernier ayant vu ses investissements exploser, avec 2 milliards de dollars investis au second trimestre 2017, contre 880 millions au premier trimestre. « C’était donc l’occasion idéale d’amener nos entreprises québécoises sur le terrain », résume Mme Motte Cortés.

Ce que retirent les participants du Paris FinTech Forum 2018

Deux PME, Exagens et Squares Union, et une organisation, l’Autorité des marchés financiers (AMF) partagent leur expérience.

Exagens : des banques en quête de lien avec leur clientèle

« On a senti que notre produit avait une place »

- Éric Mac Nicoll, Exagens

C’est le constat que tire le directeur exécutif des marchés des services financiers d’Exagens, une start-up qui offre une solution en marque blanche (c’est-à-dire des produits que les banques peuvent intégrer sur leur plateforme et commercialiser sous leurs propres marques). Cette solution a pour but de permettre aux organisations financières de se recentrer sur leurs relations clients à travers leurs canaux numériques. « La particularité du marché français est que les banques ont chacune une entité numérique et certaines sont même totalement numériques, sans point de service. La préoccupation de ces institutions est de recréer un lien avec leurs clients et de se démarquer grâce à une relation de proximité. Or, c’est précisément ce sur quoi nous travaillons puisque notre produit permet d’apprendre à connaître les gens et d’adapter l’offre qui leur est proposée en fonction de ce qui se passe dans leur vie », explique M. Mac Nicoll. La mission commerciale aura permis à la start-up de réaliser une rapide étude de marché, de rencontrer trois clients potentiels, des experts et d’éventuels partenaires tels que l’accélérateur Swave. L’entreprise est même retournée en France récemment pour poursuivre les discussions et établir de nouveaux contacts.

Squares Union : un tremplin pour tester son offre

Autre expérience avec Squares Union, qui propose un service en ligne de transfert d’argent à destination de l’Afrique de l’Ouest et de l’Afrique centrale. Dans une perspective de croissance, l’entreprise souhaitait élargir son horizon en préparant une ouverture potentielle sur le marché européen, comme l’explique son président, Stephan Dowouo : « Pour nous, le meilleur véhicule pour atteindre cet objectif, c’était d’assister à ce forum international qui regroupe tous les acteurs majeurs du domaine ainsi que les partenaires potentiels dont nous avons besoin pour réaliser notre projet ». Résultat? « Nous avons pu entrer en contact avec trois banques de renom, deux compagnies de processeurs de paiement et trois partenaires potentiels pour l’expansion de nos services dans une centaine de pays. En ce moment, nous sommes en discussion avec un fonds d’investissement et un autre en capital risque rencontrés à Paris pour amasser des fonds… Je dirais que nos attentes ont été dépassées! », confie M. Dowouo.

Pour Squares Union comme pour Exagens, participer à l’édition Paris Forum FinTech 2019 en tant qu’exposant (et non comme visiteur) est une éventualité. Cette participation se confirmera selon les résultats obtenus dans les prochains mois, à la suite de la mission commerciale.

L’AMF : l’open banking et l’économie des API

« Les fintech sont un secteur qui évolue vite et, pour l’AMF, qui encadre le secteur financier québécois, il est essentiel de rester à l’affût des tendances tout en étant proche des entreprises et des partenaires internationaux qui sont actifs dans le domaine », explique Moad Fahmi, directeur fintech et innovation. En participant à la mission, l’organisation a pu échanger sur les enjeux et tendances de la transformation numérique avec des fintech montréalaises et françaises, mais aussi constater à quel point l’ouverture des données était un sujet de première importance de l’autre côté de l’Atlantique. L’open banking (soit le fait de « permettre à des acteurs tiers de se connecter aux services d’une banque de façon simple et standardisée afin de développer leurs propres applications ») et l’économie des API qui en découle (puisque c’est le système qui fait fonctionner l’open banking) sont au cœur des réflexions des institutions financières. L’Europe apparaît comme le précurseur de cette tendance, forte de la directive votée en 2015 sur le sujet. « C’est en quelque sorte un laboratoire pour le reste de la planète », appuie M. Fahmi.

Vous souhaitez en savoir plus sur le marché européen et les fintech?
>> Contactez Céline Chataigner-Reboul
Commissaire à l'international
cchataigner@ccmm.ca
514 871-4002, poste 6215

Crédit photo : Paris FinTech Forum 2018, © Olivier Prudhomme.


[1] Rapport annuel sur les institutions financières 2016, Autorité des marchés financiers, p.14.