la Chambre de commerce du Montréal métropolitain

Exploiter le potentiel de Google Analytics & co. pour développer sa marque

Google Analytics est une plateforme qui paraît intuitive et dont la documentation, pour l’appréhender, ne manque pas. Pourtant, peu d’entreprises ont la bonne définition des indicateurs clés et exploitent, comme il faut, les outils qui lui sont liés pour optimiser le référencement de leur site et comprendre le comportement des utilisateurs. Alexandre Gonzalez, dirigeant principal de l’agence Clever Age Amérique du Nord, qui est un expert en la matière, revient à l’essentiel en vous présentant la plateforme et les actions à entreprendre pour une bonne lecture de ses résultats.

CCMM – Comment Google Analytics peut-il aider une entreprise dans son développement d’affaires?

A.G. – Google Analytics peut en dire beaucoup sur la clientèle d’une entreprise, son mode de fonctionnement, sa provenance géographique, la manière dont celle-ci perçoit la marque, les différences entre les anglophones et les francophones, entre les utilisateurs bureaux, mobiles etc.

En couplant la plateforme à d’autres outils tels que Google Search Console, Google Tag Manager, Google Adwords, Google Trends…, l’utilisateur pourra trouver des pépites de données sur la concurrence et extrapoler afin d’évaluer comment celle-ci s’en sort. C’est particulièrement important lorsqu’une entreprise souhaite se lancer sur un nouveau marché. Elle a besoin de savoir qui sont ses concurrents, ce qu’ils représentent et combien ils investissent en publicité, cette dernière étant alors le nerf de la guerre pour percer le marché en question.

CCMM – Ces outils sont-ils utilisés à leur plein potentiel par les entreprises?

A.G. – Pas vraiment. C’est dommage car ce sont précisément ces outils, jumelés à Google Analytics, qui permettent d’obtenir des résultats. Les trois instruments à privilégier sont : Google Tag Manager; Google Search Console et Google AdWords, que j’ai déjà cités, en sus de Google Analytics.

Google Tag Manager est l’un des plus connus et des plus essentiels. Ce gestionnaire de balise vous permet de renseigner tout le code nécessaire pour tracker ensuite votre site avec Google Analytics. Vous pouvez mettre en place des plans de tagging, les modifier et les redéployer très rapidement, de manière autonome, sans avoir recours à un développeur web ou mobile. C'est un des avantages non négligeables. C’est l'une des plateformes les plus intuitives dans son domaine. Enfin, la souplesse de l'outil couplé à Google Analytics permet de faire de l'analyse de type omni-channel plus facilement que ce qu’il n’y parait, mêlant offline et online. Cette opportunité de suivre le comportement d’une personne[1] est précieuse, lorsqu’on sait que 75 % des paniers en ligne ne sont jamais exécutés mais que la moitié pourrait être convertie si les consommateurs étaient recontactés.

Google Search Console (autre nom de Google Web Master Tools), outil de base souvent mal exploité, est important en matière de SEO (Search Engine Optimization) mais aussi pour gérer ses investissements Adwords. Il donne des informations sur la manière dont un site est exploré par les robots du moteur de recherche de Google et ce que ce dernier va indexer comme page. Il met en lumière les erreurs telles que des contenus dupliqués, et donne accès aux requêtes de destination qui ont fait apparaître le site dans les résultats (recherche sur le moteur de recherche par le biais de mots-clés) et celles qui ont générées du trafic. Il permet aussi de voir l’efficacité du couple SEO et SEM (Search Engine Marketing) et de décider des budgets à allouer à certains mots-clés en conséquence.

Google AdWords est un outil payant (à l’inverse des deux précédents), lié aux outils de Google Analytics. Il est à utiliser pour du marketing direct sur le moteur de recherche de Google, du remarketing, c’est-à-dire du reciblage : des annonces sont diffusées auprès d’internautes ayant déjà visité votre site. La beauté de la chose est que Google AdWords peut être en grande partie automatisé, tant au niveau de l’optimisation des campagnes que des rapports.

Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM)Google Analytics est-il le seul outil incontournable pour analyser la performance d’un site Web et améliorer son référencement ou en existe-t-il d’autres?

Alexandre Gonzalez (A.G.) – Google Analytics est, en effet, l'outil incontournable pour faire de l'analyse de site Web ou mobile, gratuitement, puisque la plateforme est, par défaut, sans frais. Sa version payante, moins connue, est en train de devenir une référence, même s’il reste de grands acteurs comme Adobe Omniture ou encore IBM pour les généralistes. Il y a aussi des outils plus spécifiques que Google Analytics ne concurrence pas forcément, comme Kissmetrics ou encore Flurry. Ces deux derniers ont des points communs avec Google Analytics mais, également, assez de différences pour avoir souvent besoin des deux, selon le contexte. On pourrait citer aussi : CrazyEgg pour effectuer des heatmaps, InspectLet pour faire du session tracking, etc. C’est l’ensemble de ces outils qui font la force d’une belle analyse.

CCMM – Au-delà de la plateforme Google Analytics, les entreprises devraient-elles développer l’interface « Google my business »?

A.G. – Oui, car elle permet aux clients de savoir, en un clin d’œil, où l’entreprise est située, ses horaires d’ouverture, ses services et ses produits… C’est, en résumé, le nouveau « Pages Jaunes », avec la localisation reliée à la fonction Google Maps. Cette interface assure donc une présence supplémentaire sur le Web mais accroît également le référencement naturel. C’est d’autant plus important lorsqu’on sait que Google est le principal moteur de recherche utilisé au monde, détenant plus de 92 % de part de marché à l’échelle globale et 90 % au Canada[2] . De surcroît, 100 % des téléphones vendus aujourd’hui, de type Android ou iPhone, ont Google comme moteur de recherche[3] par défaut. Or, la majorité des sites visités et des recherches effectuées se font à partir d’un téléphone cellulaire. Les entreprises ont donc tout intérêt à se servir de cette interface, qui, encore une fois, est complètement gratuite.


[1] C’est la définition de l’omni-channel.

[2] http://gs.statcounter.com/search-engine-market-share/all/canada

[3] N’oublions pas que, sur iPhone, Safari est un navigateur qui utilise Google comme moteur de recherche.